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Salaire lieutenant de louveterie : un engagement, pas un emploi

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Peu connu du grand public, le lieutenant de louveterie joue pourtant un rôle essentiel dans la régulation de la faune sauvage. Il est mandaté par la préfecture pour organiser des battues, accompagner les autorités dans la gestion des espèces invasives ou dangereuses, et faire respecter les équilibres écologiques. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas rémunéré pour ses missions.

Alors, pourquoi cet engagement ? Quelles sont les compensations éventuelles ? Quel est le vrai statut du lieutenant de louveterie en 2025, et faut-il envisager ce rôle comme un métier ou comme une mission de terrain annexe ? Faisons le point.

En bref : la réalité financière du rôle

Élément Détail
Rémunération mensuelle 0 €
Statut Bénévole, nommé par le préfet
Durée du mandat 5 ans (renouvelable)
Frais remboursés Partiellement, selon les missions
Dépenses personnelles fréquentes Permis de chasse, véhicule, carburant, uniforme, chiens

Une fonction exercée bénévolement

Le lieutenant de louveterie n’est pas un salarié de l’État. Il est nommé à titre personnel, pour une durée de 5 ans renouvelable, et exerce ses missions sans percevoir de salaire.

C’est un engagement volontaire, fondé sur :

  • Une passion pour la nature et la régulation cynégétique

  • Un sens du devoir civique dans la gestion de la biodiversité

  • Une proximité avec les milieux ruraux ou forestiers

Bien qu’encadré, ce rôle n’offre aucun bulletin de paie. Il s’agit donc d’un service rendu à la collectivité, et non d’un emploi au sens contractuel du terme.

Lieutenant de louveterie en tenue dans un environnement forestier

Des frais personnels souvent conséquents

Accepter de devenir lieutenant de louveterie, c’est aussi assumer un certain nombre de frais réguliers :

  • Renouvellement du permis de chasse (obligatoire)

  • Frais de déplacement pour les interventions, souvent en zone rurale

  • Entretien d’un véhicule tout-terrain

  • Achat d’uniformes réglementaires : casquette, veste, gilet, etc.

  • Nourriture, soins, dressage et transport des chiens

Selon les profils, certains louvetiers engagent plusieurs centaines d’euros par an pour remplir correctement leur mission. Ces coûts sont rarement intégralement remboursés.

Un rôle opérationnel encadré par la préfecture

Même s’il est bénévole, le lieutenant de louveterie agit sous l’autorité directe du préfet. Il ne s’agit donc pas d’un loisir déguisé, mais d’une fonction officielle, soumise à des obligations précises.

Ses principales missions :

  • Organiser les battues administratives, en particulier en cas de prolifération d’espèces (sangliers, renards, etc.)

  • Participer à des actions de destruction d’animaux nuisibles

  • Rédiger des rapports sur les interventions et les constats en lien avec la faune

  • Conseiller les services de l’État en matière de gestion cynégétique

  • Vérifier le bon respect des règles de sécurité lors de tirs ou d’interventions sur terrain privé ou public

Il peut également collaborer avec des agents de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), des gardes-chasse ou les services vétérinaires.

Table de coordination pour battue ou régulation

Quel profil pour devenir lieutenant de louveterie ?

Ce n’est pas un poste ouvert à tout le monde. Pour être nommé, il faut remplir plusieurs conditions essentielles :

  • Être titulaire du permis de chasse depuis au moins 5 ans

  • Être en excellente condition physique (longues marches, terrain difficile)

  • Avoir un casier judiciaire vierge

  • Posséder une connaissance pointue de la faune sauvage locale

  • Disposer de temps libre, souvent le week-end ou très tôt le matin

La préfecture organise les sélections. Il faut déposer un dossier de candidature, parfois accompagné d’un entretien avec les services de la DDT (Direction départementale des territoires).

Certains voient dans cette fonction un prolongement logique d’un parcours de reconversion nature ou une évolution après une carrière dans l’environnement, la forêt, la chasse ou même la gendarmerie.

Est-ce compatible avec une activité professionnelle ?

Tout à fait. La majorité des lieutenants de louveterie exercent leur mission en complément d’un métier principal ou à la retraite. Il est courant de croiser parmi eux :

  • Des agriculteurs

  • Des artisans ou commerçants ruraux

  • Des fonctionnaires à la retraite

  • Des passionnés de chasse expérimentés

Cette fonction s’inscrit donc dans une logique d’engagement local plus que dans une carrière. Elle permet toutefois de développer un réseau dans les milieux environnementaux, d’acquérir une expertise réglementaire, voire de rebondir vers d’autres fonctions plus techniques (formateur en gestion cynégétique, conseiller nature, etc.)

Servir la nature, pas faire carrière

Être lieutenant de louveterie, ce n’est pas décrocher un emploi. C’est accepter une mission d’intérêt général, au service de l’équilibre entre espèces animales, sécurité publique et biodiversité.

Aucune fiche de paie à la clé, mais une reconnaissance locale, un rôle concret sur le terrain, et un lien étroit avec les services de l’État.

Ceux qui choisissent cette voie ne le font pas pour l’argent, mais pour l’impact. Un engagement qui, dans une époque de tensions écologiques croissantes, prend une valeur symbolique et stratégique plus forte que jamais.

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